Formation et statut des enseignants : la casse continue !

vendredi 27 mars 2009
par  SUD Education NICE
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Formation des enseignants :

Darcos, dans sa lettre aux syndicats du 20 mars, fait semblant de reculer, mais ne change rien sur le fond.

 A) Quelle formation ?

1) les IUFM, ou toute structure spécifique de formation des enseignants, disparaissent définitivement, puisque « les universités seront invitées à coordonner et structurer de façon cohérente l’action de ces formateurs » (point 5)

2) la formation professionnelle en alternance, ou du moins ce qu’il en restera, interviendra seulement la 6e année (soit une année de plus qu’actuellement), avec tous les problèmes sociaux que cela pose, par exemple le recul d’une année pour les cotisations de retraite.

Pour devenir enseignant titulaire, il faudra 6 ans au lieu de 5 actuellement (point 4). SUD éducation revendique deux années de stage rémunérées après l’obtention du concours, au niveau de la licence.

3) cette formation en 6e année sera une « formation continuée » pendant au mieux « une partie des obligations de service, de l’ordre d’un tiers » et qui n’aura plus de rapport avec la formation en alternance actuelle : elle reposera sur « un tutorat » et des « retours réguliers en formation universitaire, à visée disciplinaire ou professionnelle » (point 4) : pour un certifié stagiaire par exemple, cela signifie échanger les 10 à 12 heures de formation professionnelle en 5e année actuels contre 6 heures au maximum de « tutorat » et quelques retours à l’université en 6e année.

  B) Quels concours ?

1) « les concours seront maintenus dans leur état actuel pour la session 2010 » mais seulement « Afin de permettre l’adaptation progressive de l’appareil universitaire de formation » : Darcos et Pécresse avaient déjà laissé entendre dans leur communiqué commun du 12 mars qu’une « année de transition » serait nécessaire, et ils avaient par exemple supprimé l’épreuve de « connaissance du système éducatif » dans la phase transitoire pour les CAPES. Le maintien des concours dans leur forme actuelle pour la session 2010 est donc un recul supplémentaire, dont il faut se féliciter. Mais il n’y a pas de remise en question de la logique de la réforme, seulement du temps pour mieux la mettre en œuvre ! (point 9).

2) Pour la session 2010, les étudiants inscrits en M1 pourront certes, comme ceux qui se seront présentés au concours en 2009, passer le concours, mais celui-ci ne sera validé que l’année suivante, en 2011 et s’ils obtiennent le M2 : la réforme de mastérisation des concours se met donc en place dès l’année prochaine. (point 8)

3) Aucun recul non plus sur ce qui avait été annoncé concernant par exemple la présence de « membres de la société civile » dans le jury ou la modification du poids respectif des épreuves didactiques et disciplinaires.

Il n’en est pas question dans la lettre de Darcos.

 C) Continuer la lutte contre la casse de la formation et du statut des enseignants

La déconnexion entre formation et recrutement est centrale dans le dispositif de « mastérisation », puisqu’elle modifie le système en permettant de former les futurs enseignants (obtention du master) avant leur recrutement (admission au concours).

C’est cela qui introduit la logique de formation d’enseignants qualifiés (= titulaires d’un "master d’enseignement) mais qui ne seront pas recrutés comme fonctionnaires dans le service public de l’éducation nationale (car recalés au concours).

Le processus de casse du statut des enseignants des premier et second degrés, couplé avec la facilitation du recrutement de précaires (notamment par la création de l’Agence Nationale de Remplacement) n’est en rien « reporté » par la lettre de Darcos. Bien au contraire, il s’agit d’une manoeuvre visant à faire entrer les universités dans la logique de « mastérisation » (= sortir du système actuel de formation).Pour allécher les syndicats, Darcos les invite à « discuter » : on notera qu’une fois de plus il ne s’agit pas de « négocier » : le terme n’apparaît nulle part.

S’il faut souligner les « reculs tactiques » imposés au gouvernement par le mouvement massif dans les universités et les IUFM contre le projet, il ne faut pas se tromper : l’objectif du retrait du projet actuel de mastérisation n’est en aucun cas atteint !

C’est donc bien contre le maintien de la « mastérisation version Darcos/Pécresse » que SUD éducation appelle les personnels, les étudiants à poursuivre les actions.


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